Lorsqu’elle est arrivée chez bpost fin 2013, Valérie Barratt est devenue responsable d’une flotte très éclectique de 16.610 véhicules: voitures particulières, camionnettes, camions, cyclomoteurs, vélos, etc. C’est évidemment les utilitaires qui occupent la place la plus importante. Et tout cela doit bien sûr passer par des marchés publics. « Les véhicules de bpost sont soit en achat, soit en location en fonction de l’utilisation qui en est faite », expose Valérie Barratt. Pour la location de camionnettes, elle a mis en place une mini-compétition entre les loueurs pour obtenir des prix plus intéressants. « Mais nous ne regardons pas seulement le prix d’un véhicule. Au moment d’en changer, nous analysons touts les solutions possibles pour choisir celle qui convient le mieux au centre ‘mail’ (60 centres répartis dans tout le pays, NDLR), en prenant en compte les distances à parcourir, les services, etc. »

C’est aussi dans cet objectif de choisir la solution la mieux adaptée, que bpost analyse les possibilités de mobilité qui existent sur le marché. « Quand une solution semble intéressante, nous effectuons un test, ou nous achetons un exemplaire du véhicule pour le faire essayer en conditions réelles par les postiers. Leurs avis sont prépondérants dans le choix final, tout comme le degré de rentabilité coût/temps. Cela compte d’ailleurs davantage que le prix. bpost vient par exemple de passer commande d’une flotte d’une dizaine de véhicules à 3 roues électriques. Ils coûtent plus chers à l’achat, mais ne nécessitent pas autant d’entretien ou d’arrêts carburant, ce qui réduit les pertes de temps de nos facteurs et le coût d’usage par rapport à un véhicule traditionnel. De plus, ces véhicules sont plus ergonomiques car ils ont été développés spécifiquement pour le métier de facteur.

 

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« Lors d’une tournée, un facteur sort et entre au moins 500 fois de son véhicule. Il est donc important que celui-ci soit ergonomique ».

Valérie Barratt, Fleet Manager de bpost et Fleet-Owner of the Year 2015

 

Une école de conduite propre
Un système d’enregistrement des données des véhicules permet également à l’entreprise de suivre et d’analyser le comportement de conduite de ses collaborateurs et d’adapter celui-ci lorsque cela s’avère nécessaire. Une centaine de véhicules en sont déjà équipés, ce qui a mené à une réduction des consommations et une augmentation de la sécurité des collaborateurs.Car la sécurité et la prévention sont 2 préoccupations sur lesquelles bpost met un point d’honneur, avec pour but de réduire les accidents et de disposer de véhicules plus adaptés aux conditions de travail des postiers. « Au cours d’une tournée quotidienne, un facteur entre et sort au moins 500 fois de son véhicule. Il est donc important que celui-ci soit ergonomique pour éviter les accidents ou blessures. Imaginez s’il se blesse au genou en entrant dans son véhicule et qu’il conduit ainsi, le risque d’accident est élevé. C’est exactement ce que nous voulons éviter. C’est pour cette raison qu’en 2014, bpost a effectué une étude sur l’ergonomie en collaboration avec l’université de Lyon. Plusieurs facteurs y ont passé des tests dans des véhicules équipés de senseurs. Cela a permis de dresser une liste de points d’attention dans le choix de nos futurs véhicules de service. En parallèle, bpost dispose d’une équipe ‘prévention’ qui va régulièrement à la rencontre des postiers pour mieux comprendre leurs problèmes quotidiens et les aider à améliorer leurs conditions de travail. bpost dispose également de sa propre école de conduite, où chaque nouvel employé suit une formation pour adopter une conduite sécuritaire, écologique et ergonomique ».

bpost vient de passer commande d’une dizaine de véhicules à trois roues électriques, spécifiquement développés pour le métier de facteur.
bpost vient de passer commande d’une dizaine de véhicules à trois roues électriques, spécifiquement développés pour le métier de facteur.

Outre la création d’une page intranet dédiée à la sécurité et aux conseils de conduite, bpost a également demandé aux constructeurs automobiles de réaliser de petits films qui expliquent les points les plus importants des modèles : où régler le siège, où se trouvent les manettes de clignotants, comment régler les feux, etc. « De petites choses qui sont censées aider les collaborateurs au quotidien pour qu’ils puissent se concentrer uniquement sur la route plutôt que sur la façon de régler leur siège ».

Au final, l’ensemble de ses solutions a déjà permis à bpost de réduire de 32% les statistiques d’accidents de sa flotte.

 

 

Et les voitures particulières ?

En ce qui concerne ses company cars, bpost travaille avec 9 catégories qui sont liées en fonction du poste occupé et qui vont de la citadine de service à la berline haut-de-gamme. Le premier chantier effectué à ce niveau a été de simplifier la gestion en revoyant la car policy et la manière de travailler.

La responsabilisation des conducteurs a aussi joué un rôle important dans la nouvelle stratégie, via l’optimalisation des voitures de pool. « bpost dispose d’une quinzaine de véhicules de pool», indique Valérie Barratt. « Pour l’instant, plutôt que de commander un nouveau véhicule lorsqu’un leasing arrive à échéance, nous redirigeons le conducteur vers une de ces voitures. Et l’objectif est atteint car elles ne stagnent plus sur nos parking pendant plusieurs jours comme c’était le cas auparavant ».

Une politique économique et écologique donc. Réduction du nombre de marques, limites de CO2 par catégorie, mais aussi introduction des propulsions alternatives sont les lignes conductrices de la politique de la fleet-owner 2015. « Nous avons introduit une voiture hybride et une électrique pour tester ces technologies. Dorénavant, lorsqu’un conducteur pourra commander un nouveau véhicule, il devra se tourner en priorité vers ces motorisations. Si cela ne correspond pas à son profil, il pourra dès lors opter pour un véhicule diesel, mais devra choisir le moteur le moins polluant ».

 

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« Nous avons décidé de responsabiliser les conducteurs et de mettre à profit notre flotte de voitures de pool. Quand un leasing vient à échéance, on utilise ces véhicules plutôt que d’en commander de nouveaux ».

Valérie Barratt, Fleet Manager de bpost et Fleet-Owner of the Year 2015

 

La mobilité n’est pas oubliée

Situé en plein cœur de Bruxelles, le siège de bpost subit le nouveau plan de circulation de la Capitale. Une situation qui a contraint l’entreprise à s’intéresser aux solutions de mobilité alternatives.

« Avant ce plan de mobilité, les collaborateurs avaient facilement accès au parking public situé à proximité de nos bureaux. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ».

Il a donc fallu imaginer d’autres possibilités comme le remboursement des kilomètres parcourus à vélos pour se rendre au travail ou le covoiturage. Plus récemment, la fleet-owner a introduit un système qui permet aux collaborateurs d’échanger leur abonnement de parking contre un abonnement de transport en commun ou contre un abonnement dans un parking éloigné et de relier le siège à pied. « Actuellement, 150 personnes ont déjà échangé leur ancien abonnement », précise-t-elle. « C’est très positif de voir qu’ils sont conscients des enjeux de mobilité. Et cela a pu évoluer grâce aux campagnes de communication que nous menons régulièrement en interne ».

Et ce ne sont pas les seules solutions mises à disposition. bpost analyse encore actuellement d’autres possibilités qui devraient aboutir dans les mois à venir.

Avouons-le, la nouvelle stratégie ne pourra aboutir qu’après plusieurs années. Heureusement, Valérie Barratt dispose déjà d’une longue expérience dans le fleet au sein d’autres entreprises. Pourtant, le monde automobile n’était pas la profession qu’elle avait envisagée, avoue-t-elle. « Mais c’est peut-être une force. Parce que cela me permet d’amener une vision différente de celle qu’aurait un passionné, de proposer des véhicules qui ne sont pas forcément prisés dans les autres flottes ». C’est peut-être aussi cette vision différente qui lui a permis de remporter le titre très prisé de Fleet-Owner of the Year.

 

La flotte de bpost est très éclectique : du leasing opérationnel pour les vans à l’achat pour certains véhicules comme les camions.
La flotte de bpost est très éclectique : du leasing opérationnel pour les vans à l’achat pour certains véhicules comme les camions.

La flotte de bpost

Taille de la flotte : 16.610 véhicules (utilitaires et company cars)

Types de véhicules : Vélos, camionnettes, scooters, camions et voitures particulières, etc.

Marques les plus représentées: Audi, BMW, Mercedes, Skoda, Volvo et Volkswagen, etc.

Fournisseurs utilitaires: Renault, Opel, Fiat

Nombre de partenaires leasing: 7

Gestion

Vélos – vélomoteurs : achat – contrat d’entretien

Vans : Leasing opérationnel excepté le carburant, les pneus et les assurances

Camions – tracteurs – remorques : achat ou leasing avec contrat d’entretien au kilomètre

Company cars : leasing opérationnel – excepté le carburant (à ce jour)

Autres : Achats ou leasing en fonction des besoins


 

Un peu d’histoire

bpost-13A priori, nul besoin d’expliquer ce qu’est bpost. Et pourtant, l’histoire de la société de distribution de courrier belge vaut le détour. Ne serait-ce que parce qu’elle remonte à la création même de notre pays, en 1830. A l’époque, les postes belges sont un service de l’Etat appelé « Administration de la poste ». Un nom qui évoluera en « Régie des postes » en 1971, puis en « La Poste » en 1992, suite à la modification de sa raison sociale. Jusqu’en 2003, « La Poste » jouit d’un monopole dans son secteur sur le territoire belge, mais celui-ci se verra alors restreint aux envois intérieurs de moins de 100 grammes et aux envois internationaux entrants de moins de 100 grammes.

En 2010, « La Poste » annonce son changement de nom et de logo en vue de la libéralisation des services postaux prévue en Belgique pour 2011 puis dans l’Union Européenne par la suite. « La Poste » devient alors « bpost », un nom plus international, mais dont le b rappelle les origines belges.

Aujourd’hui, bpost ne se contente plus d’être une entreprise de distribution de courriers et de colis, l’entreprise s’est aussi dotée d’une activité bancaire et d’assurances proposée dans ses différents bureaux.


 

bpost en quelques chiffres

9,6 millions de lettres traitées quotidiennement

112.000 paquets et colis envoyés chaque jour

1340 points de services répartis dans tout le pays

60 centres ‘mails’ destinés au traitement du courrier et répartis sur tout le territoire

2,44 milliards € de chiffre d’affaires ont été réalisés durant l’année 2014