À l’étage en dessous, les importateurs nationaux fonctionnent désormais au ralenti. Pour eux, plus aucune munition pour alimenter les stocks, mais aussi une limitation drastique des effectifs afin d’alléger les frais fixes. Et la situation n’est guère plus réjouissante du côté des concessionnaires, eux aussi forcés de fermer boutique et ne pouvant plus intervenir que dans les cas d’urgence.

Ce même cri d’alarme est évidemment perceptible du côté des sociétés de leasing qui ne peuvent plus passer la moindre commande et qui, à distance, font de leur mieux pour tranquilliser les inquiétudes de leurs clients. Et que dire du secteur du court terme qui, déjà sous pression en temps normal, devra attendre que l’industrie du voyage se remette en route pour apercevoir l’ombre d’une éclaircie. 

Mais que se passe-t-il réellement dans les coulisses ? Quels sont les mécanismes de protection voire de survie que les différents acteurs de notre secteur mettent en place en ces temps surréalistes ? Nous sommes partis à la rencontre de différents prestataires. 

Bart Van Rossen, Fleet Director Ford Motor Company

« Rester en contact avec les clients et les dealers »

Bart Van Rossen

« Notre premier réflexe est d’identifier toutes les dispositions possibles pour soutenir nos concessionnaires dans ces moments difficiles », ces mots sortent de la bouche de Bart Van Rossen, fraîchement engagé en tant que Fleet Director chez Ford Motor Company Belgium. Lorsqu’on sait à quel point les marges de dealers sont sous pression, cette période blanche où seules quelques interventions d’urgence viendront remplir un agenda désespérément vide s’apparente à une véritable catastrophe. Il faut en effet s’attendre à une chute vertigineuse des ventes de voitures au cours de cette année maudite. « Il faut prendre en compte la situation de chacun et les aider à activer tous les mécanismes de protection existants », poursuit notre interlocuteur. « Nous mettons également tout en œuvre pour que les clients sentent qu’ils ne sont pas abandonnés. Notre équipe est disponible – à 95 % en télétravail – pour répondre à toutes les questions qu’ils pourraient se poser. Nous avons également pris la liberté de prolonger automatiquement les conditions fleet des clients qui, dans ces circonstances spéciales, oublieraient de le faire », conclut-il en n’oubliant pas de mentionner que la prospection ne fait actuellement
plus partie des priorités.

Guy Valckenier, gérant des concessions Valckenier

« 4 personnes pour faire tourner 8 garages… »

Guy Valckenier

La situation des concessionnaires, maillons essentiels dans la chaîne automobile, est clairement sous pression. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. Fort de ses huit implantations, le groupe Valckenier (‘Fleet Dealer of the Year 2019’) peut faire valoir une solidité qui lui permettra, sans doute, de mieux résister à ce tsunami que le petit garage familial du coin. Et pourtant… « La situation est tout bonnement surréaliste », explique Guy Valckenier, le gérant. « Nous avons dû adapter l’organisation à la rareté du travail. Figurez-vous que ce sont 4 personnes – une réceptionniste, un magasinier et deux mécaniciens – qui font actuellement tourner nos 8 garages. Le reste du personnel a lui été placé en chômage économique. ». 

Lorsqu’on demande à Guy si un soutien de l’importateur est envisageable, il nous répond sans détour : « Cela se décide en principe cette semaine, mais nous attendons évidemment de l’importateur un plan de soutien. De la souplesse dans le paiement des véhicules que nous ne pouvons pas livrer par exemple ». Et lorsqu’on lui parle de la reprise, Guy Valckenier se dit appréhender dans une certaine mesure ce moment : « Avec tout le travail qui va nous tomber dessus dès que le feu passera au vert, je pense que ce sera le chaos. Nouvelles voitures à livrer, changements de pneus, inspections techniques des VO,… je pense que nous serons proches de la noyade »

Stefan Delaet, CEO KBC Autolease

“La communication reste primordiale”

Pour les sociétés de leasing, l’activité se résume également à gérer les urgences et faire en sorte que les clients trouvent toujours une réponse à leurs nombreuses questions. « En premier lieu, nous essayons de faire en sorte que tous les clients et employés soient protégés autant que possible et que les services essentiels continuent à être fournis. Toutes les opérations qui ne sont pas essentielles sont postposées », nous confie Stefan Delaet, CEO de KBC Autolease. « Plus question par exemple de faire une gestion de fin de contrat ou une autre activité ‘accessoire’ de ce type. Toute prospection ou visite proactive de clients est également abandonnée temporairement. Nous nous focalisons sur le fait de pouvoir donner aux clients une réponse concrète à leurs nombreuses interrogations. » 

Stefan Delaet, KBC Autolease

L’ensemble du personnel a basculé en télétravail et les différentes équipes semblent s’être bien adaptées à ce nouvel environnement de travail. « Cela change toute notre façon de travailler ensemble, il est essentiel de rester efficacement en contact de manière numérique », poursuit le boss de KBCAL. « La politique d’investissement dans la technologie digitale porte aujourd’hui ses fruits au niveau de la communication interne. D’un autre côté, tous les outils mis à la disposition des clients leur permettent de poursuivre une gestion efficace de leur mobilité. Même si celle-ci se retrouve aujourd’hui fortement réduite ». Stefan Delaet nous confirme d’autre part que le chômage temporaire ne devrait pas être activé dans son organisation.


Michael Xhonneux, sales & marketing manager, Europcar BelgiumTrouver de nouvelles niches porteuses”

Michael Xhonneux

S’il y a un secteur impacté au premier plan par cette crise du Covid-19, c’est bien celui de la location court terme. Imaginez toutes ces voitures immobilisées dans les différentes stations de location sans le moindre touriste pour s’asseoir au volant. « Une importante partie de notre business est effectivement en lien avec l’industrie du voyage », explique Michael Xhonneux, sales & marketing manager pour Europcar en Belgique, « Avec la quasi-désertion des gares, la fermeture de l’aéroport de Charleroi et les 5 % d’activités qui subsistent à Brussels Airport, vous imaginez à quel point la perte pour notre secteur est vertigineuse. » 

Comme pour la plupart des sociétés contactées, le télétravail et le chômage économique ont été les premières mesures mises en place par l’opérateur pour tenter de limiter la casse. « Nous avons en effet décidé de réduire la voilure pour limiter au maximum les dégâts en ces temps difficiles. Moins d’activité, moins de personnel, cela paraît logique pour tout le monde », poursuit notre interlocuteur. Toutefois, parmi ce lot de mauvaises nouvelles, une belle lueur d’espoir : « Notre contrat de fourniture de véhicules à bpost a pris une dimension nettement plus importante de par le fait que les livraisons de colis explosent en raison du Coronavirus. Nos équipes commerciales restent d’ailleurs mobilisées afin d’identifier d’autres niches porteuses où nous pourrions récupérer une partie du chiffre perdu. »

Nous poursuivrons notre série d’interviews sur les impacts du Covid-19 au cours des prochains jours. Au menu de l’épisode numéro 2, nous vous livrerons les réactions émanant de fleet/mobility managers obligés pour la plupart de s’adapter à des besoins de mobilité changeants ou quasiment inexistants.

Vous voulez en savoir plus sur la manière de gérer efficacement votre flotte/mobilité durant cette période de lockdown ?

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