Avec le eVito, Mercedes apporte, selon ses propres dires, une réponse aux besoins en mutation du marché des VUL. Les moteurs diesel sont en effet de plus en plus excommuniés des centres urbains, tandis que certaines métropoles (comme Londres) invitent les fournisseurs à se déplacer en mode zéro émission. Et précisément face à cette attente, le eVito totalement électrique offre une solution, avec son autonomie de 150 kilomètres et ses zéro gramme d’émissions de CO2. Et ce n’est pas tout: la capacité et le volume de chargement restent quasi inchangés à 915 kilogrammes et 0,99 mètre cube par rapport aux versions animées par un moteur thermique, qui restent bien sûr au programme.

One pedal driving

Le eVito mise sur le pack batteries emprunté à la S Classe hybride, en trois fois plus puissant cependant. Sous le plancher viennent se loger des batteries d’une puissance de 45 kWh, associés à un moteur électrique qui produit en permanence 90 ch et 110 ch de puissance maxiamle. Suffisant donc pour effecteur des déplacements urbains et – du moins sans chargement – pour se faufiler avec agilité dans le trafic. Mercedes a d’ailleurs doté le eVito de trois vitesses de pointe, en fonction de l’utilisation: la version de base atteint 80 km/h, mais il est aussi possible d’obtenir des versions capables d’accomplir 100 ou 120 km/h.

Ce choix a été dicté par la consommation d’électricité, qui compte tenu de la résistance de l’air de la carrosserie du Vito augmente fortement au-delà des 80 km/h. L’impact de l’aérodynamisme semble même être supérieur à celui du chargement,ce qui explique pourquoi les utilisateurs du véhicule qui circulent exclusivement en ville ont tout intérêt à opter pour la version 80 km/h. Hors des centres urbains, la version 120 ch nous semble plus pertinente – d’autant plus dans un usage autoroutier. Mais en fin de compte, c’est surtout l’utilisateur du véhicule qui devra veiller à solliciter les batteries avec parcimonie, aidé en cela par trois programmes de conduite et même des modes de récupération d’énergie dont l’usage est facilité par le système one-pedal driving.

Fiscalement optimalisé

Par conséquent, l’autonomie est identique sur toutes les versions, la vitesse de pointe optionnelle et deux versions de carrosserie: de série, le eVito est un fourgon fermé; le Tourer, quant à lui, dispose à l’arrière de deux rangées de sièges capables de transporter jusqu’à 8 personnes. Ainsi, le Tourer peut naturellement faire office de taxi, bien que la recharge rapide ne soit hélaas pas proposée. Dans le meilleur des cas, les batteries se rechargent en six heures à une wallbox triphasée; la recharge complète à une prise de courant classique peut facilement durer 20 heures. Ou traduit dans un langage plus technique: le pack de batteries de 45 kWh peut être rechargé à 7,2 kWh maximum (même si une wallbox peut produire sans peine 15 kWu), ce qui fait qu’il faut compter au minimum six heures.

Mercedes rétorque que la majorité des utilisateurs de VUL midsize roulent en moyenne 100 kilomètres par jour, surtout s’ils sont essentiellement actifs dans des environnements urbains. En outre, une fonction de recharge rapide impacterait sensiblement le prix de vente, ce qui rendrait le Total Cost of Ownership moins intéressant. Dans l’état actuel des choses, le eVito ne coûterait que 1000 euros de plus par an, sur une durée de 5 ans, qu’une version dotée d’une motorisation classique. Les prix nets débutent à 41.990 euros, le Tourer coûte 43.990 euros et la Launch Edition, richement équipée, s’affiche à 46.700 euros. En Flandre, le eVito est exonéré de taxe, tandis que Bruxelles et la Wallonie pratiquent des tarifs plancher pour les véhicules électriques. Enfin, dans toute la Belgique le eVito est fiscalement déductible à 100%.

Conclusion

Avec le eVito, Mercedes rejoint le club fermé des constructeurs qui proposent déjà des VUL électrifiés. Nissan le fait aussi-mais sur un segment inférieur- avec son E-NV200 (capable de recharger rapidement), Ford vient de faire son entrée avec l’arrivée du Tourneo Custom PHEV et du Transit du même nom (qui utilisent un moteur essence pour alimenter les batteries en roulant). Mercedes est ainsi le premier constructeur, sous nos latitudes, à proposer un VUL électrique dans le segment une tonne, du moins jusqu’à ce que les Chinois de SAIC commercialise le Maxus EV80 avec ses 200 km d’autonomie électrique et un temps de recharge de 2 heures. Bien qu’on ne puisse pas comparer ce véhicule avec le eVito, qui bénéficie d’un appui logistique via différentes applications signées Mercedes. Le eVito est aussi le seul véhicule à être vendu avec un contrat d’entretien de 4 ans.

Mercedes eVito (Tourer) – 2019

FICHE TECHNIQUE  
Propulsion électrique
Puissance 70 kW/90 ch en continu, 85 kW/116 ch puissances maximales
Couple maximum  
Pack batteries 41,4 kWh, batteries Li-Ion
Couple 300 Nm
Charge utile 1.048-1.073 kg
Volume de chargement 6,0-6,6 m3
Consommation moyenne (WLTP) 27,2–30,2 kWh/100 km
Emissions de CO2  0 g/km
Vitesse de pointe  80/100/120 km/h
AUTRES VERSIONS
version propulsion  puissance
Tourer électrique  70 kW/85 kw
INFORMATION DE BASE
Prix de base htva 41.990 € (fourgon fermé)
Prix de base tvac/strong> 50.808 €
Puissance fiscale 0 CV
TMC (Bruxelles, Wallonie, Leasing) 61,5 €
BIV (Flandre) 0 €
Taxe de circulation (Flandre/Wallonie) 77,35 €/0 €
Déductibilité fiscale 100 %
ATN conducteur 1741,99 €/an
ATN employeur 296,14 €/an