Ces deux dernières années, la part du diesel a diminué de 46 à 31% dans les chiffres d’immatriculations de la Febiac. Durant cette même période, la part des véhicules électriques a augmenté de 0,5% à un très faible 1,5%. Au sein des parcs automobiles, la part du diesel se situe toujours au-dessus de la barre des 50%, mais a tout de même diminué de 24% ces deux dernières années, tandis que le nombre de voitures essence a doublé.

Maarten Van Houdenhove (Dats24)

Maarten Van Houdenhove, PR de Dats24 (Colruyt Group), met le focus sur le verdissement du parc automobile et spécifiquement la réduction des émissions de CO2 : « Etant donné que la mobilité est nécessaire pour aller travailler, nous avons directement un impact sur elle. Il n’existe pas une seule voie pour arriver à l’objectif 0 émission. Aujourd’hui, on a le choix entre le CNG, les voitures électriques et même à hydrogène, comme alternative aux voitures essence et diesel. La mobilité durable est un équilibre sain entre économie et écologie. »

Opter pour le CNG requiert la présence de stations aux alentours du bureau ou sur le trajet domicile/lieu de travail. Aujourd’hui, on compte en Belgique 130 stations CNG.

Rouler à l’électrique n’est pas une lutte contre la crainte du manque d’autonomie, mais requiert aussi la présence d’infrastructures de recharge à la maison et au travail, ainsi qu’un changement de comportement pour pouvoir recharger chaque fois que cela est possible.

L’hydrogène présente les avantages du CNG et de l’électrique : 5 minutes à la pompe pour une autonomie de 700 km. Mais cette alternative requiert aussi la présence de stations de recharge aux alentours du bureau ou sur le trajet domicile/lieu de travail.

Au sein du groupe Colruyt, le CNG représente 42% de la flotte et l’hydrogène 1%. Selon leurs propres calculs sur base d’un achat propre, 6 ans et 200.000 km, le coût pour rouler en électrique est aujourd’hui 5% plus élevé que pour rouler au CNG, tandis que le diesel est encore 19% plus cher que le CNG.

Enquête préliminaire approfondie

« Tout dans notre vie de tous les jours fonctionne à l’électricité, alors pourquoi ne pas rouler à l’électrique ? », commence Bart Massin, Managing Partner de Stroohm. « La capacité des batterie a fortement évolué ces dernières années, tandis que le prix diminue. En 2012, une capacité de stockage de 1 kWh coûtait 1000$, en 2020, ce sera 94$ et on s’attend à un prix de 62$ en 2030. A partir de 100$/kWh, la différence de prix entre une voiture électrique et une voiture thermique sera adoucie. »

Bart Massin, Stroohm

Dans tous les cas, la taxation des voitures pénalise les émissions de CO2 et les contraint à zéro émission. De plus, Bart Massin argumente que l’écologie est un facteur dans la relation fournisseur/client, comme une exigence pour les appels d’offres. La conduite électrique est rentable avec un point de basculement d’environ 25 000 km aujourd’hui. Tous ceux qui parcourent plus de kilomètres en bénéficieront, selon Bart Massin. La conduite électrique peut également contribuer à la ” guerre des talents “, qui consiste à présenter l’entreprise comme innovante et avant-gardiste. 

Le changement doit être stimulé par le top-management et une étude de faisabilité est nécessaire en ce qui concerne le budget automobile, en tenant compte des dernières taxes automobiles.

Pour les véhicules électriques, la présence d’une infrastructure de recharge au travail et à la maison – ou la possibilité de la mettre à disposition – est décisive. Pour la recharge à domicile, un audit de l’installation électrique est nécessaire pour déterminer ce qui est possible et ce qui est nécessaire. Pour les hybrides rechargeable, il suffit de charger avec un câble de chargement intelligent et une connexion 220 V. Une capacité de charge plus élevée est souhaitable pour les voitures électriques. La politique automobile doit être adaptée, avec des dispositions précises sur l’installation de recharge à domicile en cas d’annulation ou de départ du salarié. Enfin, il est conseillé de former/guider le conducteur, tant en ce qui concerne la conduite que l’utilisation de l’infrastructure de recharge.

L’autonomie des voitures électriques est aujourd’hui d’environ 300 km d’utilisation réelle, ce qui, dans la plupart des cas, est suffisant pour les conducteurs de flotte. Le coût de l’énergie électrique nécessaire varie considérablement : 3,00 à 4,5 euros/100 km pour la recharge à domicile, 1,50 à 2,25 euros/100 km pour la recharge au bureau et 4,65 à 10,50 euros/100 km pour la recharge rapide via une borne publique.

Précurseurs

Bruno Kruijer, responsable du parc automobile du groupe Cronos, gère un parc d’environ 4000 voitures, dont environ 700 sont des voitures de pool. Cette année, 250 voitures de pool devaient être renouvelées, ce qui a permis de les électrifier.

« Les voitures de pool sont celles que nos starters peuvent utiliser pour leurs déplacement chez les clients », indique Bruno Kruijer. « Le choix de voitures électriques leur permet d’expérimenter la conduite électrique, a une effet positif sur l’image de l’entreprise et le recrutement de jeunes talents. »

Bruno Kruijer, Cronos Group

Dans sa sélection, Cronos a avant tout imposé une autonomie de 400 km, car le choix est très limité actuellement. Lors de la comparaison des prix, la faible valeur résiduelle des VE a également semblé avoir une influence négative sur le prix de location. “Pour nos calculs internes, nous avons utilisé le prix de revient net sur la base de la taxation 2020 “, explique Bruno Kruijer. “Sur le site de notre siège social à Kontich, nous avions encore une capacité restante sur la capacité totale de raccordement électrique. Nous l’avons utilisée au maximum pour alimenter 31 stations de recharge sur le parking. Les bornes de recharge ont une structure ouverte pour le back-office, car Cronos lui-même est un acteur majeur des ICT. » 

Lorsque nos collaborateurs posent un choix définitif pour l’électrique, Cronos prévoit le placement d’une wallbox à domicile, avec un remboursement à 100% de l’énergie utilisée. En attendant, les collaborateurs peuvent utiliser un câble de recharge intelligent pour recharger à domicile. 

Questions sur le sujet

La partie interactive de ce fleet dating a suscité beaucoup d’animation.

En ce qui concerne l’incertitude concernant la valeure résiduelle des EV, on s’attend à ce qu’elle augmente dans les années à venir, notamment grâce à la demande grandissante des particuliers pour des voitures électriques et PHEV sur le marché de l’occasion.

En optant pour la conduite électrique, il faut vérifier si l’autonomie de la batterie est suffisante pour effectuer des trajets quotidiens avec recharge à la maison et au bureau. Environ la moitié des gens peuvent recharger à domicile ; 20 % ont la possibilité de le faire au bureau. Dans de nombreux cas, la capacité d’alimentation électrique des réseaux électriques est insuffisante pour assurer le bon fonctionnement de la charge partout. Les prix de l’électricité sont fixés localement et peuvent varier considérablement. Les organismes qui délivrent les cartes de paiement n’ont aucune influence sur le prix du kWh et ne peuvent donc pas s’entendre sur un tarif fixe. L’infrastructure de charge placée au domicile de l’employé est mobile et peut donc être enlevée à tout moment.

Lors du choix des hybrides rechargeables, il est important de surveiller la consommation combinée, de s’assurer que la puissance électrique maximale est utilisée, mais aussi de détecter quand la consommation électrique est gaspillée par une conduite sportive.

L’électrification du parc automobile coûte cher : elle nécessite un investissement dans la personnalisation individuelle pour chaque utilisateur.