Polestar se nomme elle-même  “une start-up avec 80 ans d’expérience”. En tant que membre du groupe chinois Geely, le constructeur nouvellement établi peut s’appuyer sur le savoir-faire de la marque sœur Volvo. Le PDG Thomas Ingenlath est l’ancien designer en chef de cette marque suédoise, les liens sont donc étroits. Polestar est déterminée à tirer le meilleur parti de cette double position : elle attache une grande importance à la maniabilité d’une start-up, mais veut offrir à ses clients la qualité de produit mature d’une marque établie. C’est également ce qui ressort de notre conversation avec Tom Van Assche, qui vient de passer de BMW à Polestar Belgium, et Kristof De Frenne.

 

L2F: Messieurs, la Polestar 1 va bientôt disparaître, laissant la 2 comme seul modèle. Est-il prévu d’élargir à nouveau la gamme à l’avenir ?

Tom Van Assche: “Eh bien, tout d’abord, la gamme Polestar 2 s’élargit. La version actuelle, puissante et dotée de deux moteurs électriques, est rejointe par deux variantes dotées d’un moteur électrique et d’une traction avant, la Long Range (jusqu’à 540 kilomètres) et la Standard Range (jusqu’à 440 kilomètres). Cela ramène le prix d’entrée de la Polestar 2 à plus ou moins 40 000 euros. Les premiers exemplaires seront livrés cet automne”.

 

L2F: D’autres modèles vont venir rejoindre la 2?

TVA: “Absolument! Quels types de modèles et leurs dates de lancement respectives, nous ne le savons pas encore aujourd’hui. Polestar accorde une grande importance à la maniabilité et veut être en mesure de réagir rapidement à l’évolution des tendances du marché afin d’offrir le meilleur service possible à ses clients. Nous sommes certains de dévoiler le Polestar 3 l’année prochaine, un SUV performant qui sera positionné au-dessus du Polestar 2. Mais chaque segment sera couvert à l’avenir.”

 

L2F: Et à l’autre bout du marché, y a-t-il de la place pour un modèle plus compact que le 2 ? Une citadine ou une voiture à hayon de taille moyenne, par exemple ?

TVA: “Rien n’est encore connu à ce sujet, mais en principe tout est possible tant que le produit mérite le label “premium”. C’est une partie de notre ADN sur laquelle nous ne faisons aucun compromis.”

 

L2F: Comment atteindre les clients si vous ne vendez des voitures qu’en ligne ?

TVA: “Nous sommes une marque numérique mais nous attachons une grande importance au contact humain. Digital first, human always. C’est pourquoi nous avons 4 Polestar Spaces dans tout le pays, des espaces de découverte où les gens peuvent apprendre à connaître nos produits et parler à nos ambassadeurs Polestar. Notre objectif est d’inciter le plus grand nombre de personnes possible à adopter la conduite électrique et ces ambassadeurs ne pousseront personne à l’achat, bien que nous soyons très généreux en matière d’essais. Ces Spaces ne sont donc pas des garages typiques avec un atelier, mais plutôt des centres d’expérience Polestar”.

 

L2F: Comment cela se passe-t-il avec la livraison des voitures et leur entretien ensuite?

Kristof De Frenne: “Pour cela, nous avons des accords avec des investisseurs Polestar qui mettent en place une zone de livraison Polestar spécifique et s’occupent également de l’entretien de nos voitures. Aujourd’hui, il y a 4 garages avec un point de livraison, qui gèrent également les Polestar Spaces. Pour le service, nous avons déjà 15 points de service agréés et l’objectif est de passer à 25. Si vous commandez une Polestar aujourd’hui, vous n’avez pas à vous soucier de l’emplacement de votre point de service. Nous prenons simplement la voiture et la déposons chez le client. Ce service est inclus dans le prix pendant les trois premières années, et après cela, les clients peuvent choisir parmi différents contrats de maintenance et services payants.”

 

L2F: En tant que marque purement électrique, Polestar se retrouve presque automatiquement avec une clientèle fleet en raison de la situation fiscale en Belgique. Avez-vous des contacts spécifiques pour le marché fleet ?

KDF: “Les responsables de Polestar Space ont une grande expérience du contact avec les clients fleet. En outre, nous prospectons activement afin de pouvoir activer un certain nombre de grands comptes le plus rapidement possible. Ils aiment être servis rapidement, c’est pourquoi nous nous chargeons d’avoir un certain stock en interne afin de limiter leur temps d’attente. Et enfin, nous sommes fermement décidés à les décharger. Par exemple, nous nous sommes récemment associés à l’entreprise de technologies propres Smappee, qui peut guider nos clients de A à Z dans la mise en place d’une infrastructure de recharge pour leurs véhicules électriques, entièrement adaptée à leurs besoins.”