La communication s’est brutalement accélérée pour Volkswagen en début de semaine. Tout d’abord, la présentation d’une feuille de route balisant l’ensemble de l’écosystème de la recharge. Ensuite, place aux objectifs chiffrés relatifs à la pénétration du marché mondial de la mobilité électrique. Et comme on a pu le lire entre le lignes, un dépassement de Tesla pour prendre le leadership serait plutôt bien accueilli du côté du QG de la marque. Voici les ‘key take-aways’….

Les moteurs thermiques financent la transition

Commençons peut-être par les chiffres. Dans le courant de cette année, encouragé par l’énorme succès de l’ID .3 et la sortie imminente de l’ID.4, Volkswagen espère vendre un million de véhicules électrifiés, en ce compris les hybrides. Cela signifie purement et simplement doubler le volume de 2020 où le groupe avait totalisé 422.000 ventes électrifiées. « Un investissement de 46 milliards viendra soutenir nos objectifs ambitieux », a déclaré Herbert Diess, le CEO du groupe. « Nous visons clairement un statut de leadership dans le marché mondial de la mobilité électrique dès 2025. A l’horizon 2030, les modèles électriques représenteront 60% de nos ventes ». Ce qui laisse à supposer que, contrairement à d’autres constructeurs, Volkswagen ne retirera pas de son catalogue les motorisations à combustion interne. « La rentabilité des modèles thermique est toujours totalement avérée et ce sont eux qui, quelque part, financent la transition énergétique », a commenté Jean-Marc Ponteville, Press & Public Manager de D’Ieteren Volkswagen. Et celui-ci d’ajouter : « Le développement de la motorisation à hydrogène ne figure pas à l’ordre du jour mais nous gardons un œil sur cette technologie qui pourrait dans le futur s’avérer un moyen efficace pour stocker l’électricité excédentaire produite par le renouvelable ».

Volkswagen ID.3

 

En parallèle à ces ambitieux objectifs chiffrés, on ne peut malheureusement pas passer sous silence le vaste plan d’économie – servant à financer cette transition – qui entraînera la suppression de 5.000 emplois à travers le monde. « Cette opération se fera majoritairement via des départs à la retraite anticipés», nous précise Jean-Marc Ponteville.

6 méga usines européennes de production de batteries

« L’électromobilité est devenue notre cœur de métier. Nous intégrons dorénavant de manière systématique des étapes supplémentaires à la chaîne de valeur. Nous voulons être en pole position à long terme dans la course à la meilleure batterie et la meilleure expérience client à l’ère de la mobilité zéro émission », a expliqué Herbert Diess.

Afin de sortir de la dépendance envers la Chine et sécuriser l’approvisionnement, le groupe a annoncé le développement rapide des capacités de production de batteries en Europe. Cela se matérialisera par l’implantation, dès 2023, de six importantes unités de fabrication. Les deux premières seront implantées à Skelleftea (Suède) et Salzgitter en Basse Saxe, Allemagne.

En parallèle, Volkswagen vise des avancées significatives au niveau du système de batterie et de tous ses composants, jusqu’à la cellule. « Nous souhaitons réduire le coût et la complexité de la batterie tout en augmentant son autonomie et ses performances », explique Thomas Schmall, membre du conseil d’administration du Groupe responsable de la technologie. Volkswagen a ainsi pour objectif de réduire progressivement le coût des batteries de près de 50 % pour le segment d’entrée de gamme et de près de 30 % pour le segment des grands volumes.

Que ce soit pour les batteries ou pour la recharge, le Groupe met systématiquement l’accent sur des partenariats stratégiques et sur une utilisation efficace des ressources. Le Groupe maintient ses objectifs financiers stratégiques et continue à viser un ratio d’investissement d’environ 6 % d’ici à 2025 et un cash-flow annuel net de plus de 10 milliards d’euros dans son cœur de métier : l’automobile.

Réduction de 50% du coût de la batterie.

 

18.000 bornes de recharge rapide d’ici 2025

La mise en œuvre de la campagne de batteries de Volkswagen s’accompagne d’une expansion à grande échelle du réseau de recharge rapide. Avec ses partenaires, l’entreprise a l’intention de gérer environ 18 000 bornes publiques de recharge rapide en Europe d’ici 2025. Cela revient à multiplier par cinq le réseau de recharge rapide actuel, un résultat qui correspondra à environ un tiers de la demande totale prévue sur le continent en 2025.

L’entreprise va conclure une série de partenariats stratégiques en plus de la coentreprise IONITY.