link2fleet : En avril dernier était rendue publique la décision de la famille Moorkens de créer une joint-venture (Alcomotive) avec le distributeur ibérique Bergé Auto. Les Espagnols détiennent aujourd’hui 60% des parts pour 40% au holding familial. Vous sentez-vous à l’aise dans cette nouvelle configuration ?

Olivier Sermeus : Assurément. Tout d’abord, on a déjà pu remarquer une grande complémentarité entre les deux sociétés. Aucun ‘overlap’ et une manière de fonctionner très similaire. Bergé Auto nous apporte en revanche des systèmes informatiques hyper performants et sophistiqués que nous n’aurions pas été en mesure de développer. Ensemble, nous nous sentons plus forts pour aborder les défis futurs. Notre objectif est de continuer à nous développer sur le plan du nombre de marques distribuées, mais aussi au niveau des marchés couverts. Cette évolution se fera autour de deux axes : la mobilité et la digitalisation.

Une cellule fleet transversale

l2f : Vous avez récemment présenté une nouvelle manière de vous adresser au marché fleet, pouvez-vous nous en dire plus ?

O.S. : En créant une structure transversale représentant nos six marques (Hyundai, MG, Suzuki, Isuzu, Maxus et SsangYong), nous proposons désormais aux entreprises, une solution et non plus un produit. Cette approche est de toute évidence plus cohérente pour le client B2B qui dispose aujourd’hui d’un seul interlocuteur pour nos différentes marques. Nous disposons à l’heure actuelle d’une équipe très professionnelle de 9 personnes chapeautée par Kaat Van Severen.

l2f : Dans un contexte économique ultra compliqué où le ‘Salon’, de surcroît, n’a pas pu avoir lieu, comment s’en tirent les marques que vous représentez ?

O.S. : Eh bien, on s’en sort plutôt pas mal. Nous avons certes légèrement perdu du terrain sur le plan du volume, mais c’est le cas pour tous les constructeurs avec un marché total autour des -25% en 2020. Nous avions parfaitement anticipé l’annulation du Salon en préparant une série d’initiatives virtuelles. En ce compris un travail énorme sur la convivialité de nos sites web. Autre point d’importance : notre réseau s’est montré très motivé et très inventif, ce qui a conduit à des chiffres en adéquation avec nos objectifs. J’ajouterais que la sortie – au bon moment – des nouveaux produits comme Hyundai Tucson, MG EHS et Suzuki Swace a également contribué à ces résultats encourageants.

l2f : D’autres conclusions à tirer ?

O.S. : Après le premier ‘lockdown’, à l’entrée de l’été, nous avons senti les particuliers en quête de se faire plaisir. « Puisque mes vacances sont supprimées, je me fais plaisir avec une nouvelle voiture », se sont-ils dit. Nos concessionnaires ont eu du boulot. Du côté des sociétés, c’est par contre toujours l’expectative. Bon nombre d’entreprises postposent les renouvellements. On sent qu’il y a une appréhension pour se lancer. Et ce n’est pas anormal, car, avec cette fiscalité à court terme et sans réelles certitudes, personne ne peut prétendre connaître le bon choix à opérer. Une chose est certaine, se tourner vers des véhicules plus écologiques reste le choix le plus sage.

 

IONIQ place la barre très haut

l2f : Nous avons pu assister en début de semaine au dévoilement virtuel du nouveau IONIQ 5. Y a-t-il une volonté de scinder les marques comme Volvo et Polestar par exemple ?

O.S. : IONIQ reste clairement une sous-marque de Hyundai. Donc aucune volonté de séparer les marques ou d’avoir des équipes ou des showrooms différents. IONIQ sera commercialisé au travers du réseau Hyundai. En créant ce nouveau label, l’intention est plutôt de mettre un focus tout particulier sur le côté ‘state of the art’ de ces nouveaux modèles électriques. Car je peux vous assurer qu’avec cette nouvelle gamme, le constructeur coréen place la barre très haut avec une qualité rarement atteinte. Après le IONIQ 5, ce sont deux nouveaux véhicules électriques qui sont attendus pour 2022 et 2023.

l2f : Peut-on en déduire que Hyundai se dirige également vers une stratégie du ‘tout électrique’ ?

O.S. : À l’opposé d’autres marques, nous ne souhaitons pas annoncer une deadline précise pour une gamme qui serait 100% électrique. Il est toutefois évident que l’électrification est en marche chez tous les constructeurs et que certaines motorisations vont progressivement disparaître. Mais avant cela, il faudra cependant arriver à proposer aux particuliers des véhicules électriques abordables. Et c’est loin d’être le cas ! Il faut être fameusement courageux – ou avoir de fortes vertus écologiques – pour se lancer aujourd’hui en tant que particulier dans l’achat d’un EV sans la moindre aide ou le moindre incitant. Il faudra que nos politiques y pensent s’ils souhaitent vraiment impulser le 0 émission pour notre parc automobile.

 

Les trois bons conseils d’Oliver Sermeus aux entreprises

Ayant fait ses armes au sein de sociétés de leasing (LeasePlan et KBC Autolease) avant de connaître une superbe ascension jusqu’à sa fonction actuelle, Olivier Sermeus connaît bien les défis des entreprises en termes de mobilité. Voici trois conseils qu’il a tenu à rappeler.

  1. Faites les bons calculs avec les bons outils en fonction des règles actuelles (importance de calculer selon le TCO)

  2. L’impact de la déductibilité et de l’ATN sont encore souvent sous-estimés, employeurs comme conducteurs doivent être conscients des implications financières

  3. Dirigez-vous dès maintenant vers un véhicule à faibles émissions (full électrique, hybride ou hybride rechargeable)